La Haute Couture et la Broderie Lunéville

//La Haute Couture et la Broderie Lunéville

La Haute Couture

On ne peut dissocier la broderie haute couture des oeuvres issues des grands couturiers. C’est l’un des outils indispensables qui permet à ces derniers de faire de leur travail une pièce originale et unique.

C’est l’occasion pour tous les métiers d’art du domaine textile de montrer leur savoir faire. “Grâce à la couture, dit Anne-Valérie Hash, tout est possible, l’imaginaire reste libre”.

La haute couture est incontestablement née en France. D’ailleurs, le terme français de « haute couture » est utilisé dans le monde entier. Jusqu’au XIXe siècle il n’y existe pas de créateurs à l’instar des grands couturiers. La mode est dictée par la clientèle aristocratique et bourgeoise. Ce sont les salons qui donnent le ton.Retour ligne automatique
Il faut attendre en 1857 l’arrivée d’un certain Charles-Frederick Worth qui ouvre au n°7 de la rue de la Paix une boutique où il crée ses modèles. En deux ans, il devient le couturier attitré de l’impératrice Eugénie. Pour ses riches clientes, il développa une collection de modèles qu’il présentait, sur des mannequins vivants, dans les salons luxueux de sa maison de couture. Auparavant, les clientes commandaient leurs robes, et le tailleur exécutait. Désormais, elles choisissent un modèle dans sa collection.

En 1888, il crée la Chambre syndicale de la haute couture française. Elle définit le règlement que doit appliquer tout couturier voulant être reconnu comme ” grand couturier “. Par exemple, le nombre de défilés annuels, de modèles, de mannequins pour chaque collection, etc.

Après Worth, d’autres poursuivirent dans la même direction, comme Lanvin, Chanel, Dior… Certaines de ses maisons de couture existent encore aujourd’hui.Retour ligne automatique
Au milieu des années 60, un groupe de jeunes stylistes apparus dans le sillage de Dior et Balenciaga créèrent leurs propres maisons. Les plus célèbres sont Yves Saint Laurent, Pierre Cardin, André Courrèges, Emanuel Ungaro…

Aujourd’hui, la Haute Couture n’est plus l’activité essentielle, en termes économiques, pour la dizaine de grandes maisons parisiennes qui la pratiquent encore. D’abord parce qu’elle n’est pas rentable : les exigences de ce métier (travail long, réalisé à la main dans des ateliers français, etc…) ont pour conséquence des prix inabordables au commun des mortels. Certaines robes se négocient plus de 100 000 euros. On considère que seules quelques centaines de femmes dans le monde sont susceptibles d’acheter des pièces de Haute Couture.

Mais si elle n’est pas rentable, la Haute Couture sert de vitrine pour diffuser l’image de marque des maisons, ce qui leur permet de commercialiser du prêt à porter vers une clientèle plus large ainsi que, de plus en plus, des accessoires et des parfums, deux activités extrêmement rentables.

La Broderie Haute Couture

Hier, on reconnaissait une broderie des Venise à sont point caractéristique à l’instar du Lunéville, de la broderie blanche et de toutes les broderies définies par une technique bien particulière. Celle-ci pouvait ainsi promouvoir une ville, une région et même tout un pays dont elle portait le nom comme une marque de fabrique. On recherchait avant tout la perfection du point et des motifs de plus en plus délicats.Retour ligne automatique
Si les techniques de base n’ont pas changé, les nouvelles matières, les produits modernes ont apporté à la broderie un certain renouveau ; mais surtout, elles ont changé son image. Aujourd’hui, un brodeur est un créateur. Il utilise les différentes techniques et les points comme un peintre des couleurs pour donner du relief au modèle qu’il réalise. On reconnaît parfois le brodeur à sa broderie comme le peintre à ses tableaux.

Aujourd’hui dans les ateliers de brodeurs tels Lesage, Lanel, Cécile Henri… on utilise essentiellement le crochet de Lunéville pour sa rapidité d’exécution.Retour ligne automatique
La réalisation de la broderie avec un crochet trouve ses origines tout d’abord en Chine. Elle a été introduite en France vers 1760. Jeanne Antoinette Poisson, plus connue sous le nom de Madame de Pompadour, séduite, témoigne un vif intérêt pour ce point et s’y adonne avec application ; c’est pour cela qu’on le connaît aussi sous le nom de “Point de Pompadour”, par la suite le point de Beauvais. La marquise contribue largement à son succès en ornant ses parures.

Vers 1810, la plupart des artisans-brodeurs étaient installés à Lunéville. Dans l’intention d’imiter certaines dentelles de Flandres, de Bruges, de Venise et pour mieux se faire connaître en se différenciant, ces brodeurs inventent le ” point de Lunéville”, une technique de broderie sur tulle, étoffe très légère, en réalisant un ” point de chaînette “. Puis en 1850, les brodeurs remplacent l’aiguille par le crochet, pour broder le ” point de chaînette ” avec une belle vitesse d’exécution. Cet outil permet de faire un point plus petit, des motifs plus précis et précieux.Retour ligne automatique
Vers 1865, Louis Ferry-Bonnechaux est le premier brodeur de Lunéville à ajouter des perles et des paillettes lorsqu’il fait son point de chaînette au crochet.Retour ligne automatique
Cette innovation dans la technique de la Broderie de Lunéville provoque un essor, et est utilisée pour réaliser de belles robes de soirées ennoblies de paillettes et de perles brillantes.

Mais la première guerre mondiale 1914-1918 ralentit sérieusement cet engouement. Retour ligne automatique
A partir des années 1920, les années folles donneront aux femmes l’envie de cheveux courts, de robes courtes et surtout brodées de perles…

En 1929, une crise économique portera une sérieuse atteinte à l’activité professionnelle de la broderie de Lunéville et provoque la fermeture de beaucoup d’entreprises, de par la mécanisation de la broderie.

La deuxième guerre mondiale 1939-1945 retardera elle aussi le retour de cet art, qui ne voit la renaissance seulement vers 1950, en s’orientant sur les accessoires de mode perlés et pailletés et revient à la mode.

2018-09-12T17:31:11+02:00